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  • Des nouvelles de la rentrée 2010 à La Réserve

    Le samedi 18 septembre, nous serons avec Nancy Huston pour parler avec elle de ses livres, et en particulier le dernier Infrarouge. Ce sera à 16 heures au CAC Georges Brassens de Mantes-la-Jolie.

Zuleika Dobson de Max Beerbohm (éd. Monsieur Toussaint Louverture)

Ce texte, publié en 1911, est un véritable petit joyau d’écriture. Fin, élégant, pittoresque, drôle, parfois sarcastique, ce roman retrace l’aventure de Zuleika Dobson, femme fatale en visite à Oxford chez son grand-père.
Badinage satirique et drame romantique tout à la fois, Zuleika Dobson est une « fantaisie » où le frivole le dispute à la gravité, la noblesse à la mondanité, l’extravagance à la fatuité. Outre « le sublime et le grotesque » chers à Hugo, l’auteur ajoute ici un troisième ingrédient : l’humour, qui donne lieu à de réjouissants dialogues effrontés et des scènes baroques non moins cocasses.

Bellefleur de Joyce Carol Oates (traduit par Anne Rabinovitch, éd. Stock)

Restez concentrés, reportez-vous souvent à l’arbre généalogique indispensable, soufflez de temps en temps (les lectures en apnée ne sont pas recommandées) et laissez-vous emporter par la plume romanesque d’une magicienne des mots.

Peine maximale, d’Anne Vantal (éd. Actes Sud junior)

Trois jours de cour d’assises, lors du procès d’un jeune homme de vingt-cinq ans. Le rythme du récit chronologique et les différents points de vue qui alternent de personnage en personnage maintiennent un suspens et un intérêt constant. On ne peut s’empêcher de prendre le rôle d’un treizième juré et de voter nous aussi au moment de la délibération.

Alors ? Clémence ou sévérité ? Vous auriez voté quelle peine, vous ?

Le Nazi et le Barbier d’Edgar Hilsenrath (traduit par Sacha Zilberfarb et Jörg Stickan, éd. Attila)

Dans « Le Barbier et le nazi », Hilsenrath adopte un point de vue provocateur : le nazisme et l’Holocauste sont pour la première fois évoqués sous l’angle du bourreau, mais à travers une satire baroque énoncée avec un détachement cru et une ironie mordante. Le personnage principal est grotesque et semble tout droit extrait d’une farce cruelle, une pantalonnade insolente. Le tout servi par une écriture truculente et fantasque.

Un pays à l'aube, de Dennis Lehane (coll Thriller, éd. Rivages)

Publié en 2009, ce roman n’est pas le dernier « thriller » de Dennis Lehane. Non, il s’agit en fait d’un roman au souffle épique, retraçant un épisode historique de la ville de Boston sur fond de tensions sociales et manipulations politiques. Il s’ouvre au moment ou prend fin Contre-jour, de Pynchon, c’est à dire à la fin de la première guerre mondiale.
(…)
Dennis Lehane nous décrit la ville, ses quartiers, ses habitants, avec une belle puissance d’évocation. Il nous fait vivre les émeutes de l’intérieur, illustre brillament la montée du Red Scare, décortique les manipulations politiques, les stratégies syndicales, les rouages de la société américaine de cette époque. Il convoque de grandes figures de l’histoire américaine…

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, de Stig Dagerman (éd. Actes Sud)

Ecrit en 1952, ce texte intense, fervent et glaçant tout à la fois, est certes très exigeant. Stig Dagerman, jeune homme idéaliste tourmenté, très certainement hypersensible et d’une acuité impressionnante malgré son jeune âge, livre ses considérations sur la liberté de l’homme, l’emprise du désespoir, la difficulté de vivre, le salut de la création. Il oscille entre le constat d’une grande désolation empreinte d’une inexorable vanité et une aspiration éperdue au bonheur, une rage dévorante de vivre.
(…)
Cette réflexion, comme un testament, est d’une fulgurance d’autant plus douloureuse qu’elle s’appuie sur une analyse méthodique, une démonstration accablante, une rigueur intellectuelle éclairée. D’un côté, il y a le bouillonnement de celui qui veut survivre coûte que coûte, de l’autre il y a la froideur de la réalité. Cette dualité si paradoxale décuple la puissance du propos. Le raisonnement sec qui mène alors au constat impassible de l’échec entre brutalement en collision avec les affres de l’impuissance, la fièvre de l’émotion, l’agitation des sentiments, la commotion de l’âme. Et cela nous heurte de plein fouet, nous touche et nous foudroie.

La ligne de sang, de DOA (coll Folio policier, éd. Gallimard)

Belle réussite que ce roman à l’assemblage périlleux de genres disparates qui confinent parfois au scabreux, mais qui détient cependant la clé de quelques heures de lecture prenante et frémissante.

Les Lieux sombres, de Gillian Flynn (éd. Sonatine)

Tout en nuances, Gillian Flynn arrive à distiller au cours de son récit une insidieuse mélancolie qui fait de ces « lieux sombres » une lecture prenante et attachante.

Mort de Bunny Munro, de Nick Cave (éd. Flammarion)

Je l’ai lu d’une traite. Pourtant, il m’est arrivé souvent de vouloir décrocher, écœurée. Trop cru. Trop effrayant. Grotesque. Et puis non, j’étais scotchée : jusqu’à la lie. Et quand j’ai refermé le livre, j’étais vaguement nauséeuse. Je ne me sentais pas fière : comme si j’avais regardé à travers le trou d’une serrure et [...]

Le souffle de l'Ogre, de Brigitte Aubert (Fayard noir)

Brigitte Aubert nous convoque au pays des contes de notre enfance. Nous retrouvons donc avec bonheur le Petit Poucet, le Chat botté, Peau d’âne, Blanche Neige, Riquet à la Houpe, Barbe Bleue, Hansel et Gretel et autres fées et princesses issues de l’imagination fertile de Charles Perrault ou des frères Grimm. Dans un maelström virtuose, [...]

L'Horizon, de Patrick Modiano (éd. Gallimard)

Bosmans, homme de lettres, est à la recherche d’une femme qu’il a connue quelques décennies plus tôt, une femme-miroir qui lui ressemblait étrangement, dont il était certainement amoureux.

« Ils n’avaient décidément ni l’un ni

Les Enfants de la veuve, de Paula Fox (éd. Joëlle Losfeld)

Publié en 1976 et réédité en France aujourd’hui, « les enfants de la veuve » est une nouvelle incisive et grinçante sur le thème de la famille, de l’amour filial et maternel, des relations humaines écrasées par des egos surdimensionnés.

Les Visages, de Jesse Kellerman (éd. Sonatine)

Les éditions Sonatine nous livrent à nouveau un roman policier original, tant par son style narratif empreint d’autodérision sur les polars en général que par l’habile imbrication d’une saga familiale lourde de secrets et d’une trame policière inhabituelle se déroulant dans le milieu de l’art contemporain. Par un jeune auteur, fils des écrivains Johnatan et Faye Kellerman.

Etranger à Berlin, de Paul Dowswell  (éd. Naïve)

Ce roman aborde la question de la résistance allemande au régime nazi. Au-delà, il invite à réfléchir sur la passivité, la prise de conscience et l’engagement sur le terrain de la politique et des idées. A recommander aux adolescents… mais aussi aux adultes !

Oscar Pill, la révélation des Médicus, d’Eli Anderson (Albin Michel)

Un thriller original pour jeunes ados, avec pour trame un voyage initiatique à l’intérieur du corps humain. Ce premier volume ne laissera sûrement pas le jeune lecteur indifférent.

L'Afrique au crépuscule, de Nick Brandt (éd. de La Martinière)

Un peu d’humilité dans ce monde de brutes.
Ce livre de photographies spectaculaires est un hommage vibrant à un monde en train de disparaître. Nick Brandt immortalise les animaux sauvages de l’Afrique de l’Est, du Kenya à la Tanzanie. Mais il s’agit ici, non pas d’images documentaires, mais de véritables portraits dans un noir et blanc [...]

Contre-jour, de Thomas Pynchon (Points)

Ce récit foutraque et loufoque s’ouvre sur l’exposition universelle de Chicago en 1893 et se ferme 1200 pages plus loin dans les années suivant la Première Guerre mondiale.
[Contre-jour] est une fanfare assourdissante dont on ne peut s’empêcher de siffler la mélodie.

Fille noire, fille blanche, de Joyce Carol Oates (éd. Philippe Rey )

Pennsylvanie, 1974 : le traumatisme de la guerre du Viêt-Nam est encore douloureux, le scandale du Watergate vient d’ébranler l’administration Nixon et entacher son credo « la loi et l ‘ordre », les luttes violentes des années 60 ont permis au mouvement des droits civiques d’amorcer une meilleure intégration de la population noire dans la société. C’est dans cette Amérique bousculée et en pleine mutation que deux jeunes filles de 18 ans partagent la même chambre au Schuyler College.

La moustache, de Tahsin Yücel (Actes sud)

« Un Turc sans moustache est comme une maison sans balcon », dit un proverbe turc ; et c’est ce que nous illustre cette fable qui raconte l’histoire hautement symbolique d’une exceptionnelle moustache turque, noire, épaisse, brillante, en forme de guidon de vélo, derrière laquelle se cache Cumali, fils d’un notable de village, quelque part en Anatolie.

Le ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis (Sabine Wespieser éd.)

Ce livre est un témoignage littéraire de ce que l’historienne Nadine Fresco a appelé « le trou noir, béant, vertigineux, d’années indicibles », le « noir mystère d’avant leur naissance1 », le traumatisme de la deuxième génération dont héritent les enfants des survivants de la Shoah.
C’est l’illustration du « complexe vampirique » défini par la psychanalyste Pérel Wilgowicz  : « l’enfant [...]

Un soupçon légitime, de Stefan Zweig (éditions Grasset)

Voici, en ce mois d’octobre sur les tables de la librairie, une nouvelle inédite de Stefan Zweig qui me fait saliver d’avance : je repense aux heures merveilleuses passées à lire la Pitié dangereuse, la Confusion des sentiments, la Nuit fantastique sans oublier bien sûr les nouvelles plus connues que sont  24 heures de la [...]

Vendetta, de R. J. Ellory (éditions Sonatine)

Il y a du Shakespeare et du Machiavel dans ce livre. Et il y a le talent de conteur de R. J. Ellory, qui nous avait déjà bluffé par son précédent roman, Seul le silence*… Cet écrivain sait raconter de vraies histoires d’hommes qui ne sont pas reléguées à de la simple figuration derrière l’intrigue policière et réussit un bel équilibre entre les deux. Un auteur à découvrir absolument…

Le Tombeau de Tommy d’Alain Blottière (éd. Gallimard)

Inspiré par les mémoires d’une mère aimante et dévouée dont le fils figure sur l’Affiche rouge, un réalisateur de film projette de tourner une biographie de Thomas Elek.

Ce jeune Juif hongrois, surnommé Tommy au sein du groupe Manouchian, fut fusillé au Mont Valérien en 1944 pour actes de terrorisme contre l’armée occupante.

L’Énigme du retour de Dany Laferrière (Grasset)

Dany Laferrière est d’origine haïtienne et, à l’instar de son père, s’est exilé de son pays pour fuir la dictature.
Il s’est installé à Montréal depuis une trentaine d’années alors que son père vit à Manhattan et que le reste de sa famille est restée sur l’île natale.
Loin de cette famille qu’il n’a presque pas connue, [...]

Ce que je sais de Vera Candida de  Véronique Ovaldé  (éditions de l’Olivier)

Trois femmes, trois générations, quelque part en Amérique du Sud, partageant un destin commun de maternité violée, arrachée, subie.

Trois fortes personnalités dignes, droites et fières, malgré les handicaps de la vie comme la pauvreté, la prostitution ou le simple fait d’être née femme, de père inconnu, renié, caché.

Ce n’est pas un roman sur la misère sociale [...]

Hors champ de Sylvie Germain (éd. Albin Michel)

Imaginez que vous disparaissiez progressivement de la vue et de la vie des autres, à votre insu.

Vous êtes là, avec la sensation d’être bien vivant, mais on ne vous voit plus, on ne vous entend plus, on ne fait plus attention à vous.

Votre mère, vos amis, vos collègues, après vous avoir vu vous estomper progressivement, [...]

Les brumes du passé de Leonardo Padura (éditions Métailié)

Mario Condé, quinquagénaire ayant perdu ses illusions sur la révolution et ses promesses d’un monde nouveau, vit toujours à Cuba au début des années 2000. Il a quitté la police et s’est reconverti dans le commerce de livres d’occasion. Au cours de ses pérégrinations dans la capitale à la recherche de livres à acheter pour [...]

Le Chœur des femmes, Martin Winckler (P.O.L.)

Jean Atwood est un jeune femme médecin très brillante qui termine son internat avant de devenir chef de service.
Forte tête, habituée à se battre dans un monde masculin pour imposer ses compétences et se faire une place parmi les grands pontes, elle se sent la vocation de la chirurgie du corps féminin. Couper, inciser, réparer [...]