« Vous vous êtes finalement assise, avez rajusté le profond col en V, replacé votre écharpe fine sur votre poitrine, et j’ai prié pour que vous n’ayez aucune histoire à me confier ; Je ne suis plus apte à entretenir une conversation, encore moins à écouter des confidences. Je déborde.»
Et c’est l’inverse qui se produit. Parce qu’un incident de personne bloque votre train en pleine voie, ce voisin de siège si froid au premier abord, se confie à vous. Animateur d’atelier d’écriture, il a passé sa vie à lire ou écouter les gens conter leurs secrets enfouis, ce qu’ils n’osaient pas dire à leurs proches.
Aujourd’hui, il revient de Chypre ruiné et bientôt SDF. Vous êtes assise à côté de lui, vous ne savez pas lorsque le train repartira, vous l’écoutez donc. Vous l’écoutez (enfin vous le lisez mais c’est tout comme) raconter les souffrances des gens qu’il a croisés puis livrer les siennes…pour la première fois. Récit souvent touchant, parfois révoltant.
Vous vous sentez réellement pris à parti, et il est aisé de sentir sa présence à vos côtés tout au long de la lecture. L’écriture tantôt fluide tantôt saccadée peut faire penser à un voyage en train, mais aussi aux cahots de l’existence, tout simplement.
Un bel instant de vie !




