stop
play
  • Des nouvelles de la rentrée 2010 à La Réserve

    Le samedi 18 septembre, nous serons avec Nancy Huston pour parler avec elle de ses livres, et en particulier le dernier Infrarouge. Ce sera à 16 heures au CAC Georges Brassens de Mantes-la-Jolie.

Le Chœur des femmes, Martin Winckler (P.O.L.)

Le Chœur des femmes, Martin Winckler (P.O.L.)

choeurdesfemmesJean Atwood est un jeune femme médecin très brillante qui termine son internat avant de devenir chef de service.

Forte tête, habituée à se battre dans un monde masculin pour imposer ses compétences et se faire une place parmi les grands pontes, elle se sent la vocation de la chirurgie du corps féminin. Couper, inciser, réparer de la chair dans un bloc aseptisé, voilà ce qu’elle veut faire.

Mais avant de réaliser son projet, la dernière étape de son internat l’envoie dans une unité de médecine des femmes, dirigée, non pas par un gynécologue mais par un généraliste, Franz Karma, assisté de sa fidèle secrétaire et d’infirmières dévouées et admiratives.

Non seulement Jean est tenue éloignée des blocs opératoires, mais en plus elle doit composer avec cet homme atypique qui écoute les femmes parler longuement d’elles et de leurs « petits soucis intimes », qu’il s’agisse de contraception, de désir de grossesses, d’avortements, de stérilisation. Ses consultations s’apparentent moins à de la médecine qu’à de l’assistance sociale ou psychologique lorsqu’il consacre du temps à des victimes de violences conjugales, des sans domiciles fixes, des jeune filles-mères perdues ou des femmes voilées. Ses méthodes d’examen sont par ailleurs loin d’être « orthodoxes » et ne cadrent pas avec tout ce que Jean a pu apprendre jusqu’ici.

Dès le premier jour, la tension est à son comble entre le praticien débonnaire et expérimenté et la jeune femme arrogante et formatée. Tout semble les séparer, et pourtant… Tant sur le plan professionnel que personnel, Jean va beaucoup apprendre de Franz Karma, jusqu’à une révélation intime bouleversante qui les rapprochera au plus haut degré.

Ecrit sur le mode narratif des séries télévisées et notamment « Urgences » (lieu clos, aspect documentaire, histoire de novices, rythme trépidant, dialogues incisifs personnages et situations parfois à la limite du concevable), ce roman résonne comme l’écho de la complainte chantée de la femme face à son corps et s’affiche comme un roman pédagogique où la morale veut que le médecin ait autant à apprendre de ses pairs que des patients eux-mêmes.