Lorsque survivre est le but ultime, à qui peut-on se fier ? Alors qu’il fuit la police, Clovis N’Zila, un sans-papiers africain, croise une femme dans un train de banlieue.
Des regards s’échangent puis quelques mots. Pour la première fois depuis bien longtemps, quelqu’un s’intéresse à lui, pose un regard bienveillant sur sa triste personne. De fil en aiguille, Christelle, une femme aussi perdue que lui, lui propose de l’héberger pour une nuit.
Parce qu’il se sent en sécurité, la langue de Clovis se délie. Sans peur du jugement, il lui raconte son histoire : sa douloureuse jeunesse chez sa grand-mère, son passé d’enfant soldat durant la guerre civile congolaise (du moins on le suppose), sa sœur Marcelline qu’il a abandonnée là-bas…Christelle pleure, s’effraie, le soutient tout de même.Enfin, l’espoir d’un retournement de situation dans sa vie voit le jour. Deux jours qui lui font croire à une belle histoire….
Tout en pudeur, Wilfried N’Sondé nous glisse dans la peau d’un clandestin. Chargé d’un lourd passé, Clovis pensait certainement que le pays dit « des droits de l’homme » lui laisserait une chance… De courts chapitres très rythmés nous plongent dans l’horreur de son passé, le destin de sa sœur ainsi que le récit d’autres demandeurs d’asile. Cet émouvant roman sonne aussi comme un enrichissant témoignage.





