[par Stéphane Bernard et Delphine Gorréguès]
Un roman brillant, limpide, évident. Mathias Enard nous parle de batailles : celles que mène Michel-Ange pour créer, face à la matière, à l’adversité et aux contingences de la vie, face aux tentations qui pourraient l’en détourner, et face à ces puissants qui sont ses commanditaires. Donc il nous parle aussi de rois : le pape Jules II, brutal et mauvais payeur, que quitte Michel-Ange pour le Grand Turc, qui l’invite à Constantinople construire un pont sur le Bosphore. Et il y aura même un (magnifique) éléphant, rencontré et dessiné par Michel-Ange.
« Un Turc sans moustache est comme une maison sans balcon », dit un proverbe turc ; et c’est ce que nous illustre cette fable qui raconte l’histoire hautement symbolique d’une exceptionnelle moustache turque, noire, épaisse, brillante, en forme de guidon de vélo, derrière laquelle se cache Cumali, fils d’un notable de village, quelque part en Anatolie.
Llittérature est au rendez-vous que nous fixe Nedim Gürsel avec son roman Les Filles d’Allah.







