stop
play
  • Pour nous retrouver, il y a également la page Facebook

    http://www.facebook.com/librairielareserve

  • Le site de La Nouvelle Réserve

    IMG_7872Ils ont désormais un site avec pour l’instant essentiellement les renseignements pratiques (pour y aller, commander un livre), et l’agenda des nombreuses activités et rencontres avec des écrivains.

    Et surtout, allez les voir pour acheter et commander des livres!

  • La Nouvelle Réserve à Limay : allons-y !

    nouvelle reserveJ’ai mis du temps à écrire quelque chose (trop occupé!!!), mais cela fait des semaines que je profite de cette nouvelle librairie dans le Mantois…comme client.

    Et à chaque fois je rencontre l’un ou l’autre de nos anciens clients, parfois venu pour la première fois dans ce nouveau lieu.

    Y aller est très simple. On est à 800 mètres de la Collégiale de Mantes, on traverse la Seine. Après le rond-point on prend en face l’avenue qui monte : premier feu rouge à droite et on y est (à côté du marchand de bois Accolet) 5 rue du Maréchal Foch à Limay (un peu plus guerrier que notre avenue Jean Jaurès!).

    reserve_nouvelles_2052015_1

    Faites -vous à votre tour votre opinion. Mais beaucoup d’anciens amis de La Réserve ont trouvé là de nouvelles habitudes, de nouveaux tempéraments et de nouveaux visages (sauf Claire qui était avec nous à Mantes-la-Ville la dernière année. Des livres à acheter et des rencontres avec des auteurs. Et plein d’autres choses.

    Ci joint un article des Nouvelles des 2 rives qui dit assez bien les choses.

     

Retour à Killybegs de Sorj Chalandon (éd. Grasset)

Retour à Killybegs de Sorj Chalandon (éd. Grasset)

Tyrone Meehan était un héros de la résistance irlandaise. Un dur, qui a connu la prison et pratiqué la lutte armée clandestine.Il fut un des dirigeants de l’IRA. Il a 80 ans quand on apprend que, depuis vingt-cinq ans, il travaillait pour les services spéciaux britanniques.

Toute ma vie j’avais recherché des traîtres, et voilà que le pire de tous était caché dans mon ventre.

Rejeté par tous, le vieillard jusque-là adulé revient à Killybegs, dans son village natal en Irlande du Sud, dans la maison de son père. Terrible et bouleversant le portrait de son père, brute au grand-coeur, qui cogne quand il a bu, héros et lâche à la fois, déjà !

Alternant le récit de sa réinstallation au village et l’histoire de sa vie, de son parcours militant, combattant, Meehan nous fait revivre tout le conflit irlandais. Cette guerre terrible au coeur de l’Europe que Sorj Chalandon a couverte pendant trente ans pour Libération (avec à la clé un prix Albert Londres !).

Mais, à travers la voix de Meehan, de ses anecdotes, de ses vantardises et de ses doutes, il s’agit d’explorer l’incompréhensible: qu’est-ce que cela veut dire concrètement vingt-cinq ans d’une vie quotidienne de révolutionnaire et de traître en même temps. A qui mentait-il et avec qui était-il sincère ? Ses camarades, ses voisins, ses dirigeants, sa femme, ses amis, son fils torturé par les Britanniques ?

Bien sûr ce cas n’est pas unique. Olivier Rolin évoque une figure de ce genre, en beaucoup moins tragique, dans son livre Tigre en papier, consacré à son passé maoiste. Et d’ailleurs Tyrone Meehan n’a pas existé sous ce nom, même si son histoire, modifiée à la marge, est celle de Denis Donaldson.

Cette mise à distance romanesque était indispensable pour Sorj Chalandon, qui a été très lié personnellement à Donaldson et a été plus que secoué par cette révélation tardive. Se torturer en tant qu’ami, enquêter en tant que journaliste, tout cela n’aurait sans doute abouti à rien. Pour tenter d’approcher l’incompréhensible, il ne restait que la littérature. Et plutôt deux fois qu’une en l’occurrence.

En effet en 2008, Sorj Chalandon publie Mon traître, dans lequel il nous raconte déjà cette histoire, mais à travers les yeux d’Antoine, Français ayant épousé la cause irlandaise et devenu l’ami de Tyrone Meehan. Dans ce roman, Antoine (double de Sorj) essaye de comprendre la trahison de celui qui était devenu pour lui un héros, un dieu, un père.

Retour à Killybegs raconte donc la même histoire, d’un autre point de vue, puisque nous avons là véritablement l’autobiographie de Tyrone Meehan. On y retrouve d’ailleurs Antoine, mais comme personnage secondaire, et vu par les yeux de Meehan.

Avec ces deux romans sur l’Irlande, mais aussi son précédent La Légende de nos pères, Sorj Chalandon poursuit cette interrogation : qu’est-ce qu’être un héros, un lâche ou un traître en temps de guerre ? Pourquoi choisit-on ceci et pas cela ? (Et rien, c’est possible ?)

Dans Retour à Killybegs, le suspense dure jusqu’au bout et nous assistons à une formidable leçon de choses sur le mécanisme de la trahison; mais aussi, plus banalement, de la renonciation, des compromissions qui paraissent inévitables, de la bonne conscience… Meehan devient un traître en voulant être autre chose.  Il veut désespérément rester lui-même, tout en acceptant progressivement  ceci ou cela. Et, pour peu que l’ennemi y mette les formes… Pour peu que, quand vous résistez, quand vous « faites des façons», ils y «mettent la manière» ! Et que veut dire trahison, si sont en jeu à vos yeux la paix, l’avenir du pays et le souvenir de vos amis morts ?

Finalement, est-il si surprenant que, après avoir disséqué le monde en tant que reporter, Sorj Chalandon retrouve, enrichies par les moyens de la littérature, certaines analyses de Sartre sur la «mauvaise foi» ?C’est confirmé, et nous en sommes contents :

Sorj Chalandon sera à La Réserve le mercredi 28 septembre 2011 à 20 h 45.