stop
play
  • Pour nous retrouver, il y a également la page Facebook

    http://www.facebook.com/librairielareserve

  • Le site de La Nouvelle Réserve

    IMG_7872Ils ont désormais un site avec pour l’instant essentiellement les renseignements pratiques (pour y aller, commander un livre), et l’agenda des nombreuses activités et rencontres avec des écrivains.

    Et surtout, allez les voir pour acheter et commander des livres!

  • La Nouvelle Réserve à Limay : allons-y !

    nouvelle reserveJ’ai mis du temps à écrire quelque chose (trop occupé!!!), mais cela fait des semaines que je profite de cette nouvelle librairie dans le Mantois…comme client.

    Et à chaque fois je rencontre l’un ou l’autre de nos anciens clients, parfois venu pour la première fois dans ce nouveau lieu.

    Y aller est très simple. On est à 800 mètres de la Collégiale de Mantes, on traverse la Seine. Après le rond-point on prend en face l’avenue qui monte : premier feu rouge à droite et on y est (à côté du marchand de bois Accolet) 5 rue du Maréchal Foch à Limay (un peu plus guerrier que notre avenue Jean Jaurès!).

    reserve_nouvelles_2052015_1

    Faites -vous à votre tour votre opinion. Mais beaucoup d’anciens amis de La Réserve ont trouvé là de nouvelles habitudes, de nouveaux tempéraments et de nouveaux visages (sauf Claire qui était avec nous à Mantes-la-Ville la dernière année. Des livres à acheter et des rencontres avec des auteurs. Et plein d’autres choses.

    Ci joint un article des Nouvelles des 2 rives qui dit assez bien les choses.

     

[Une femme fuyant l'annonce] de David Grosman (trad. S. Cohen, éd. du Seuil)

Une femme fuyant l’annonce de David Grosman (trad. S. Cohen, éd. du Seuil)

Une fille, deux garçons. Une chambre dans un hôpital presque abandonné. La nuit totale. Autour, la rumeur de la guerre. Une femme fuyant l’annonce s’ouvre sur cette rencontre qui ressemble à une parenthèse irréelle. Ils se voient à peine, se parlent surtout. Ce sont ces mots échangés qui scellent le destin d’Ora, Avram et Ilan qui ne vont plus cesser de s’aimer, se perdre et se retrouver.

Trente années ont passé et Ofer, le fils cadet d’Ora, part à son tour faire la guerre, comme tant d’autres jeunes Israéliens. Impuissante à retenir et protéger son fils, Ora fait un pari fou : si on ne la retrouve pas, personne ne pourra lui annoncer la mort d’Ofer. Et si personne ne peut la prononcer, sa mort ne sera pas. C’est Avram qu’elle va chercher, presque enlever, pour l’emmener faire la longue randonnée à travers la Galilée qu’elle avait prévue avec son fils. C’est à lui qu’elle veut raconter, sans trêve, son bébé, son petit garçon, l’homme qu’il est devenu : tant qu’elle parle et qu’Avram écoute, Ofer est sauvé.

Une femme fuyant l’annonce est d’abord un vrai récit romanesque construit autour d’un personnage féminin d’une rare force. Attachante, irritante et irrésistible, Ora nous entraîne à sa suite comme elle entraîne Avram : impossible de la lâcher, de la laisser tomber avant le point final. C’est aussi un livre sur la force du langage : les mots peuvent donner la mort à Ofer, ils peuvent aussi le sauver. Pour David Grossmann, l’amour n’est surtout pas muet. Les corps aussi bien que les paysages aimés sont dépeints avec précision anatomique et botanique : la lèvre légèrement affaissée d’Ora à la suite d’un accident neurologique, les mollets arqués d’Avram ; les pistachiers, cistes, jacinthes et euphorbes qui bordent le sentier. Par contre, on ne décrit pas celui avec qui on se bat, ce que l’on détruit. « Ennemi » ou « objectif » n’ont presque pas d’existence. L’auteur laisse entrevoir une forme de salut à travers les mots et leur force créatrice contre les conflits destructeurs et en particulier celui qui déchire le Moyen-Orient depuis si longtemps.